lundi 31 octobre 2011

FIGURES PROFANES: Abbatiale st Ouen Rouen (dans le cadre de Rouen impressionnée)

Morgane Fourey
Figures profanes
Morgane Fourey s’inscrit en contrepoint de tout ce qui apparaît aujourd’hui comme séduisant, spectaculaire, péremptoire et immédiat. Tout son travail s’énonce à rebours : il est laborieux et minutieux, volontairement parfois à la limite du visible. Issu d’une observation longue et rigoureuse, il dénote de son intérêt pour tout ce qui pourrait sembler banal voire trivial et qu’elle s’acharne pourtant à replacer sur le devant de la scène.
Usant de matériaux pauvres, intermédiaires, invisibles la plupart du temps parce que précaires ou destinés à être dissimulés, puisant dans des pratiques vernaculaires, des savoir-faire traditionnels et des techniques artisanales, son travail articule pratique et vie de chantier. Partant de cet « envers du décor » – qu’elle met en résonance avec une économie qui lui est propre et qui est celle de l’atelier – elle explore le champ de ce qui œuvre et de ce qui fait œuvre, ne boudant pas plus son plaisir à faire de « la belle ouvrage » qu’un « chef-d’œuvre » ou du « gros-œuvre ».
Invitée à intervenir au sein de l’Abbatiale Saint-Ouen, elle propose un dispositif qui s’inscrit dans l’histoire patrimoniale du lieu et qui invite à le considérer tant du point de vue de l’histoire de l’art que de celui plus anthropologique de ces « figures profanes » : ces hommes qui y ont œuvré, l’ont bâti, sculpté, orné et « habité ».
Tant et si bien que l’Abbatiale semble avoir recouvré vie. Ça et là, des indices laissent supposer la reprise d’une toute récente activité.
Au gré de la déambulation, l’on découvre un nouveau tableau, un Georges de La Tour ? Un peu plus loin dans l’une des chapelles, un gisant est venu rejoindre le duo déjà installé. Disposés sur l’autel d’une autre chapelle, l’on aperçoit les reliefs d’un repas : des miches de pain… se seraient-elles multipliées ? Non loin encore, ce qui semble être un foyer où l’on se serait réchauffé. Un atelier de menuisier comme laissé en plan, le bois prêt à être découpé. Un morceau de pilier sculpté, comme prêt à être replacé. L’ensemble suggère la présence et la vie sur le site de différents corps de métiers, nous laissant supposer la reprise d’un chantier.
Mais à y regarder de plus près, le temps semble ici s’être arrêté. Ce que l’on avait au premier abord envisagé comme un chantier de restauration semble nous donner autre chose à voir. Comme pris dans une image arrêtée, c’est en fait au cœur du travail de Morgane Fourey que l’on se trouve.
Ce qui est à voir c’est ce que l’on ne voit jamais : le montage en cours, le chantier de l’atelier. Au cœur du dispositif élaboré de toutes pièces par l’artiste, les indices prennent alors une tout autre apparence : ceux de simulacres, de trompe-l’œil qui se jouent de notre envie de voir à tout prix et de donner un sens, surtout en un lieu à la symbolique et à l’histoire aussi chargé que l’Abbatiale.
Fine observatrice de notre relation à l’art et à la culture, Morgane Fourey nous détourne par son travail de notre habitude de consommateurs d’images, que l’on soit esthète ou simple regardeur. Au risque de passer à côté, ses œuvres requièrent une attention toute particulière : il s’agit bien du tableau Saint-Joseph charpentier de Georges de La Tour mais l’œuvre en est une parfaite réplique, en marqueterie, non pas de bois précieux mais de ceux que l’on utilise pour le gros-œuvre ou le bricolage bon marché. Il s’agit bien aussi d’un gisant, mais entièrement moulé en plâtre, matériau à son tour réhaussé d’une peinture en trompe-l’œil figurant la tranche de plaques de placoplâtre juxtaposées. Les « reliefs » du repas, miches de pain déjà un peu moisies, le sont au propre comme au figuré, moulées elles aussi en plâtre puis repeintes en trompe-l’œil…
Ce que petit à petit, et plus subtilement qu’il n’y paraît, l’artiste nous amène à voir, à reconsidérer, c’est notre façon de regarder et donc de juger : de ce qui est beau, de ce qui ne l’est pas, de ce qui est de l’art, de ce qui n’en est pas, de ce qui représente, de ce qui ne représente pas, de ce qui est du travail ou de ce qui n’en est pas.
Ses œuvres inversent les valeurs tout en ne prétendant pas être autre chose que ce qu’elles sont : des matériaux pauvres ou artisanaux, qu’elle pare, grâce au trompe-l’œil, de toutes les qualités esthétiques qui leur sont communément refusées. Elle-même fabrique, découpe, usine, bricole, peint pour donner simplement tout à voir du processus, de l’artifice, de ce que l’on appelle aussi le travail de l’art.
Isabelle Delamont, octobre 2011

mercredi 14 septembre 2011

J'ai le plaisir de vous inviter au vernissage de Rouen impressionnée à l'aitre saint-Maclou le 16 septembre à partir de 19h.
Je présenterai dans ce cadre ma nouvelle exposition, "Figures profanes" à l'abbatiale saint-Ouen.

Exposition "Figures profanes" du 16 septembre au 20 novembre.
Ouverture du mardi au jeudi et samedi-dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Abbatiale saint-Ouen
Place du général-de-Gaulle.
76000 Rouen

Aitre saint-Maclou
186 rue Martainville
76000 Rouen

mercredi 4 mai 2011

Exposition Vélizy Discovery du 1er mai au 10 juillet 2011.
Vernissage le dimanche 1er mai à partir de 14h.

Mathieu Clainchard, Morgane Fourey, Florentine et alexandre Lamarche-Ovize, Aline Maréchal, Aurélie Slonina, Laura Seguy et Julie Vayssière, Survival group et Pierre Vrinat.

Micro onde centre d'art contemporain de l'Onde
8 bis, avenue Louis Breguet
78140 Vélizy-Villacoublay.

jeudi 28 avril 2011

Nouvelle frontière, mai 2011, Vélizy discovery

















mercredi 27 avril 2011

Peinture acrylique sur vitres

Sur les vitrines de deux commerçants de Vélizy-villacoublay j'ai pein de fausses plaques de contreplaqué et d'OSB, rappellant les plaques de bois de chantier posées temporairement lorsqu'une vitre est brisée.

samedi 23 avril 2011

Exposition Silent Significance LMD galerie du 26 avril au 28 mai.
Vernissage le mardi 26 avril à partir de 18h.

Noriko Ambe, Claudia Angelmaier, Marisa Baumgartner, Anne Lise Broyer, Florian Fouché, Morgane Fourey, Hae-Sun Hwang, Manuela Marques, Aiko Miyanaga, Charwei Tsai, Motoi Yamamoto, Xavier Zimmermann.


LMD galerie 56 rue Charlot 75003 Paris.

Exposition Cheville ouvrière à la MAM galerie du 2 avril au 7 mai 2011.
MAM galerie 45 rue damiette 76000 Rouen.

CHEVILLE OUVRIERE, avril 2011, MAM Galerie, Rouen.

La cheville ouvrière est communément la pièce maîtresse qui permet le bon fonctionnement d'un système ou bien encore l'individu, le maître d'oeuvre, sans qui la réalisation d'un projet est impossible. Pour sa première exposition, Morgane Fourey à choisie ce titre jouant de la double référence à l'exposition. C'est en entrant dans le décor qu'elle propose que l'on comprend bien entendu tout le sens recherché par la formule. De ce qui nous ai donné à voir, un instantané - qusi photograpique- d'un atelier parsemé d'objets hétéroclites manufacturés ou de matériaux bruts disposés ça et là dans le désordre organisé du lieu, une sorte de chantier inachevé.

L'osqu'on s'approche des différentes pièces, la première chose qui frappe c'est que tout est faux, l'illusion fonctionne à merveille, mais à ny regarder de plus près le vaste décor et l'omniprésence du trompe l'oeil saute aux yeux. Ici une planche peinte aux motifs du contreplaqué, là un buste sculpté qui semble fait de polysyrene, là encore une caisse à outils ornée de marqueterie.

Cette omniprésence du déguisement, de la parodie ou du travestissement de ces objets et de ces matières est un prétexte biensur à les regarder différemment. D'ordinaire identifiés comme banals ou vernaculaires, il se retrouvent ici transformés par d'habiles gestes de sculptures et de peinture, presque transfiguré. Morgane Fourey s'applique ainsi à reproduire les accidents des motifs et des reliefs des différentes matières.

On remarquera que le décor global de l'exposition, évoque un atelier, un chantier, lieu de transformation lui même lui mêm peulpé d'objets, matières en transition: en attente de transformation ou d'assemblage.

C'est justement dans le décoratif, dans l'artifice et l'illusion qu'intervient Morgane Fourey, dans cette absconse entreprise qu'elle déploie au fil de ses oeuvres, autrement hommage aux techniques historiques du trompe l'oeil. Mais attention il n'est pas question pour elle d'y d'introduire une forme de cynisme et d'ironie. Sa pratique artistique est plutôt mut par l'int"ret qu'elle porte au vernaculaire et à ses productions. C'est bien ici l'univers du travail manuel et ses matières premières qui est en jeu, sous sa forme libre, dans l'artisanat ou le loisir du bricolage que pratiquent ou pratiquaient beaucoup d'ouvriers.. Cependant qu'on ne s'y trompe pas, là où de ces pratiques naissaient des objets utiles ou pratiques, les oeuvres de Morgane Fourey sont autant d'objets issus de matériaux pauvres, stoppés en pleine transformation ne remplissant pas de fonction.

Ainsi contremaître d'une entreprise absurde, elle nous propose son cabinet de vanités ouvrières, révélant l'invisible poésie du Kitsch, du motif et du décoratif des matériaux. Au travers de ces oeuvres et au delà des qualités plastiques c'est surtout l'effet décoratif, sujet ubique autant que sensible de l'art contemporain qu'elle s'emploie, subtillement à développer et à explorer donnant lieu, après l'homo faber et l'homo ludens, l'homo décoratis autrement dit l'artiste.


Pierre Malachin

Fragile, 2011









Nature morte de chantier, 2011









Ecrin, 2011





Sans titre, 2011





mardi 21 septembre 2010

Ouvrage, 2010






samedi 19 décembre 2009

Sans titre, 2010





Foyer, 2009

dimanche 29 novembre 2009

IPN, 2009

Pour cette pièce, j'ai reconstruit en médium les poutres IPN soutenant le bâtiment de Marcel Lods où nous étions en résidence à la Grand marre avec le collectif CROSS, en peignant à leur surface une imitation bois. Cette transformation effectuée sur ce matériau de construction moderne, aussi employer de manière temporaire, rappelle alors les poutres en bois massif utilisées dans la construction de bâtiments traditionnels. Ces IPN sont alors disposés au sol à la manière d'un tas de bois, tel un dépôt.

Colonnes, 2009

Habitat en cercle 2008